Des hommes cis qui propagent des atrocités sur les femmes, les viols, les agressions sexuelles, qui balancent des propos sexistes et misogynes à tout va j’en ai vu et j’en reverrai. J’ai jamais été déçue du comportement de beaucoup car l’estime est vraiment basse et les standards à peine plus haut que mes lacets les concernant.
Quand j’étais plus jeune, à l’adolescence, quand j’ai commencé doucement à quitter ma classe sociale, celle qui est non politisée car la politique ne s’intéresse pas à elle. Quand j’ai commencé à créer mon identité, à trouver mes valeurs, à réaliser que les discriminations et les inégalités me révoltaient, je me suis tout doucement dirigée vers des gens de gauche. J’ai vu en eux des personnes avec des principes et valeurs fortes, des personnes qui se battaient contre l’injustice, des personnes avec qui je pouvais partager mes rêves et mes colères. Des gens du peuple (non) avec qui j’allais me battre contre les riches, les racistes et les misogynes. J’y est cru, vraiment, longtemps.
MIEUX SE CAMOUFLER POUR MIEUX ATTAQUER
Le loup est souvent là où ne l’imagine pas, rien de pire que l’homme cis prétendument de gauche sur l’échiquier politique. Il arrive à pas de louve dans vos milieux, il arrive avec un minois mignon, porte son sweat trop large et vans défoncées « j’ai les mêmes depuis le lycée ouais, j’participe pas à cette société de consommation » aime-il souligner. Une roulé à la main et une dégaine faussement cool, quelques phrases bateau du type « je déteste Macron » ; « vraiment le racisme faut que ça cesse ». Et voilà ! Vous avez votre homme-gaucho !
Cette espèce vit en soum-soum, elle se branle sur ces pseudo valeurs, elle va même partager un post sur Facebook « Faut-il interdire les jets privés ? » de Courrier International. Ecolo et lutte des classes cette espèce, je vous le dit. Vous partagez des bières, des conversations sur les violences policières ou encore les milliardaires indécent.e.s. Même que sur le papier, il trouve ça génial la lutte contre les violences faites aux femmes. Vous riez alors avec lui, vous le trouvez cool et vraiment avoir un homme comme ça avec soi, quelle chance ! (non).
Puis un jour, au détour d’une conversation, seule avec lui, il vous montre son vrai visage. « Nan mais elle dit qu’il l’a violé, mais c’était juste trois coups de bite pfff » ; « si on vire ce mec (NB : le violeur) du groupe, alors on vire tous les autres mecs c’est ça ? Bah ouais, parce que moi-même j’sais pas si j’ai pas fait du mal à des filles au lit auparavant ? » « On est pas juge et on fait pas les lois hein, c’est pas à nous de nous positionner. » Le masque tombe, vous vous retrouvez seule, le sang glacé, figée. Vous avez envie de mourir et vous entrez dans un mutisme de survie. Alors vous disparaissez. Mais l’homme-gaucho n’en a pas fini avec vous, il vous suit, s’arme d’une jolie feuille, vous caresse l’épaule avec et vous demande, tout en vous regardant droit dans les yeux : « et ça, c’est une agression ? » puis s’en va. La violence ne suffisait pas, il fallait l’humiliation. Vous cherchez alors du monde autour de vous, vous cherchez de la compréhension, de la solidarité mais surtout de la révolte. Parce qu’après tout vous aussi vous êtes entourée de personne de gauche, non ? Les masquent tombent à nouveau, car il n’y a personne. Personne pour se révolter avec vous, personne pour créer une coalision contre l’homme-gaucho, personne pour être aussi choquée et en colère que vous. Personne. Solitude.
Quand il doit être ferme avec ses potes violeurs et agresseurs, il disparaît, pire, il montre son vrai visage. La solidarité masculine est si instinctive pour cette espèce.
L’homme-gaucho est pire que l’homme qui ne se proclame de rien. Car l’homme-gaucho vous fait croire être de votre camp, il vous fait miroiter une relation saine et des valeurs qui sont les vôtres. Vous tombez dans ses travers, dans ses fausses convictions, dans son allure d’homme du peuple. Vous croyez qu’un homme cis se proclamant de gauche vous respecte davantage. Il n’en reste pas moins un homme qui n’aime pas les femmes. Il vous méprise et tente de vous dominer dès qu’il en a l’occasion. Le loup dans la bergerie.
En soirée vous retrouvez l’homme-gaucho dans son bar gaucho (forcément) préféré, vous savez ce bar avec plusieurs affiches NousToutes dans ses toilettes pour faire de la prévention. Kébab et bière à la main, l’homme gaucho s’exclame sur tous les sujets, même ceux qu’il ne maîtrise pas, et surtout, il se sent puissant d’être entouré par tout ce beau monde. « Bah quoi ? J’suis un homme bien moi, j’ai des valeurs quoi, regardez par qui je suis entouré ! » Ce serait donc ça son pouvoir ?
AU ROYAUME DU SILENCE
L’homme gaucho-misogyne est puissant car personne ne le dénonce. L’homme gaucho-misogyne est puissant car il vit dans l’impunité.
Pourquoi personne ne dit rien à ces hommes ? Pourquoi toutes ces personnes de gauche ferment leur grand bouche quand il s’agit de violences sexistes ? Comment se proclamer avoir des valeurs et laisser couler ce flot de misogynie quand l’homme-gaucho parle ? Quand il s’agit de l’homme qui ne se proclame de rien-misogyne, les grands esprits et grandes démonstrations de valeurs arrivent.
Vous tapez plus facilement sur l’homme de cité racisé misogyne que votre pote gaucho blanc misogyne.
Je crois que l’on me l’a déjà trop dit, je l’ai aussi trop lu, trop vu, trop compris. Mais la vérité c’est que les violences faites aux femmes sont si intériorisées, si ancrées, si banalisées, le mépris de classe et racisme également, qu’il n’est pas concevable pour un.e gaucho de bannir son pote-gaucho-blanc-misogyne.
Les violences faites aux femmes ne risquent pas de disparaître avec aussi peu de ferveur et de détermination. Vous protégez et excusez vos frères, collègues, pères, amis, comment voulez-vous que les choses changent ? Vous laissez les violences prospérer dans vos propres milieux et osez ensuite proclamer votre pseudo position en faveur de l’égalité des genres. L’affaire A. Quatennens est tellement représentative de ce pays, de son peuple et de ses hommes. Vous encensez des hommes violents et banalisez des gestes qui marquent une vie : une gifle, des propos misogynes … tout y passe, tout est excusable. « Bah quoi, ça arrive de déraper, puis il est sympa ce mec. » Vous avez peur de perdre vos privilèges, de bousculer votre confort et votre quotidien, quitte à délaisser les millions de filles et femmes victimes du patriarcat, vous flippez à l’idée que l’homme vous mette de côté, vous êtes incapable de prendre position et de l’affirmer et après vous venez partager le nombre de féminicide sur votre compte Twitter.
J’avais 16 ans quand vous me faisiez rêver. J’ai 27 ans quand vous me faite vomir.
Comtesseducool
Le loup dans la bergerie, c’est la phrase que je retiens et qui décrit avec justesse la triste réalité. L’étiquette politique pour passer incognito et lentement répandre son poison.
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Les pires 🤔
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Puissant et vrai !
Banalisation et conditionnement aux misogynies insidieuses ou bien frontales, la violence est la même pour nous.
Il est temps de se réveiller.
Bravo pour ce texte👏
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Les violences insidieuses sont omniprésentes mais invisibles et surtout banalisées…merci pour ton retour 💗
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